MBOA BD Festival 2017

Edito

 » Et de 8… pour le neuvième art au Cameroun! »

Longtemps mise à l’écart par la littérature et les arts, la bande dessinée devient un support éducatif incontournable à partir des années 1980.  Art à part entière et puissant medium de communication, la bande dessinée a acquis ses lettres de noblesse au point de devenir le 9ème art. L’ère du numérique qui prédisait la fin du livre tel que connu jusqu’ici est derrière nous, la bande dessinée a su en tirer partie, elle se métamorphose et se déploie aujourd’hui tant du point de vue de la technique que de la distribution. Pour sa huitième édition, le MBOA BD Festival a pour thème:  » Bande dessinée et éducation « , tout un vaste programme.

La bande dessinée représente d’une part un point de départ efficace à la lecture pour le jeune public. D’autres parts, les univers et thématiques explorés par les auteurs rappellent de nombreuses occasions de réappropriation de la lecture pour le public adulte. De nombreuses ONG et associations ont utilisés la bande dessinée comme support éducatif et de sensibilisation au Cameroun, 40% de la production de BD de 1990 à 2005 traite de la pandémie du VIH/SIDA, du leadership jeunes ou encore de la sécurité sur nos routes. Très souvent distribuée gratuitement, la bande dessinée éducative est une bonne école pour les auteurs, des commandes qui permettent d’affuter son crayon dans un contexte où l’édition est frileuse et les subventions absentes. Les aficionados se rappellent certainement des deux saisons de la série « Vie de jeunes » dessinée par le tandem prolifique formé par Georges Pondy et Adam’s Kelly Ntep produit par IRESCO entre 2009 et 2012. Ou encore de « Solange let’s talk about sex » édité par ACMS en 2002, Bertin Beyem Guouong allias BG Laubé y révélait l’originalité de son trait et son univers.

Il serait réducteur de restreindre la production camerounaise de bande dessinée à la sensibilisation, depuis 2010 le Cameroun produit en moyenne 10 albums, séries ou magazines par année. Les thèmes abordés par nos auteurs touchent à l’aventure, l’histoire, la vie quotidienne ou la science-fiction. Mulatako de Reine Dibussi dévoile un univers africain de science-fiction inspiré de la culture Sawa, Felix Fokoua raconte le quotidien des habitants du Secteur 4ème Stade, tandis que Joëlle Esso relate l’enfance et la vie du footballeur Samuel Eto’o.

La huitième édition du MBOA BD Festival célèbre donc la bande dessinée et ses différents ponts avec l’éducation. Des expositions de qualité, de grosses pointures de la BD camerounaise et mondiale, des ateliers de formation, des interventions en milieu scolaire, des dédicaces et conférences, le MBOA remet pour cette édition sa programmation de qualité. Une place de choix est réservée aux écoles et instituts de formation en arts plastiques ou graphiques, un autre pan de l’éducation dont la vision d’ensemble permet de maîtriser les cursus et garantir aux apprenants une formation de qualité répondant aux défis actuels. C’est devenu une coutume, le festival se tient à Douala et Yaoundé, 8 jours d’intense fête du neuvième art au Mboa qui nous l’espérons, saura vous tenir en haleine et vous faire pousser une onomatopée de type: Boum… Bang et Youpiii!

Bon festival

C’est quoi le MBOA BD Festival ?

Photo de famille clôture du Mboa BD 2016

Le Festival International de la bande dessinée du Cameroun est d’abord un lieu de rencontre, rencontre entre les auteurs de BD, les différents acteurs du secteurs (éditeurs, imprimeurs, institutions) et le public. Le festival a mis en place au fil des éditions des formations permettant aux dessinateurs de connaître les bases du métier d’auteur, de comprendre les enjeux actuels autour de la bande dessinée, son importance dans le processus d’acquisition des aptitudes de lecture. Le Mboa BD est aussi un lieu de promotion qui donne de la visibilité à la production croissante de bandes dessinées au Cameroun afin de créer une véritable industrie culturelle où les professionnels se connaissent et travaillent ensemble pour offrir une BD de qualité à un public à forte demande. Le Mboa BD est une importante plate-forme d’échanges, des échanges sur la bande dessinée et les divers métiers autour: graphisme, jeux vidéo, dessin animé, cinéma.

Le festival est organisé par le Collectif A3 et l’association Trait Noir, des collectifs de dessinateurs passionnés qui portent le rêve de faire du Mboa une terre de la bande dessinée. La première édition du festival ayant eu lieu en 2010, nous sommes rendus cette année à la 8ème édition d’une manifestation qui pose les jalons d’une réelle industrie créative autour de la bande dessinée et des métiers de l’image.

Pourquoi un festival de BD au Cameroun ?

Le Mboa BD Festival a accueilli 202 auteurs depuis sa création, dont 193 nationaux. Une croissance notable de la production depuis 2010, avec un pic de 18 albums ( magazines et séries ) publiés en 2014. Le festival enregistre un total de visites depuis sa création de 17700 visiteurs, avec une moyenne de 1800 visiteurs pour les éditions de 2011 à 2014 qui se sont tenues uniquement à Yaoundé. Les éditions 2015 et 2016 tenues à Douala et Yaoundé ont connues des flux de 2500 visiteurs en moyenne avec des pics de 800 personnes à la clôture.

Exposition « Mosaïques ». Mboa BD 2014

Le Mboa BD Festival est devenu est en 7 éditions, le principal événement autour du 9ème dans la sous-région Afrique, avec une approche pertinente permettant aux auteurs d’échanger avec les auteurs acteurs de la filière, de s’auto-former et de produire des bandes dessinées de qualité pour un public camerounais mais également international.