Sa vision, son travail, ses projets, son message.

4 questions pour découvrir Darius Meke a.k.a Darius Dada

Son travail

#AndroidNight est une série de BD que je propose d’écrire sur la vie nocturne des villes du Cameroun et d’ailleurs. Elle s’inspire des faits divers et même réels. Elle met au goût du jour les pièges qui guettent la jeunesse pas toujours informée sur les dangers auxquels elle s’expose. Avec Cédric MINLO, nous allons donner suite à une saga.

Produire de nombreux romans-photos, pleins de BD, de jeux vidéo et pleins de divertissements ludo-éducatifs

Son projet

Twenty-Ten est originellement un projet de film d’animation qui tire son histoire d’un village africain qui vit avec effervescence la finale de Coupe du Monde de football en 1994.

Ce projet de film d’animation s’inspire de mon vécu dans mon village natal Bagoboung. Une petite bourgade au coeur de la communauté de Maka-Mboanz dans l’arrondissement d’Angossas, Abong-Mbang, Région de l’Est Cameroun.

Rédigé dès 2009, Twenty-Ten a été présenté pour la première fois aux Ecrans Noirs en 2011 sous sa forme scénarisée, puis à Annecy au Festival International du Film d’Animation 2013 au Carrefour de la Création. Ses premiers développements picturaux ont été présentés en 2017 au Palais des Sports dans le cadre de l’exposition sur la paix TheMovementAfrica.

Aujourd’hui, Twenty-Ten évolue vers une installation plurimédia (plastique, et audiovisuelle). En effet, Le Village enchanté de MEKE est une des multiples facettes du projet +237NDAMBA/FOOTAFRICA qui entend parcourir toutes les latitudes de l’Afrique à la poursuite du football. Pour coller à l’actualité et à une certaine proximité événementielle, le corollaire immédiat à la suite de cette installation est la production d’un roman-photo. Ce roman-photo est une partie du livre photographique sur le football au Cameroun qui sera publié mai 2019.

La suite est évidente pour le projet : le film d’animation, et la comédie musicale, des installations, des cartes postales, des tee-shirts, un parc d’attraction, le jeu vidéo et la visite d’autres destinations dans le monde du jeune MEKE.

Sa vision

Chacun de nous a un passé, une expérience de la vie qui l’oriente. Nous n’avons pas nécessairement vécu les mêmes choses. Et cette multitude de choses auxquelles nous sommes exposées durant notre enfance sont très déterminantes pour la suite de notre vie dans les arts. Ceci dit, se spécialiser pour un seul art est manifestement la meilleure option. Mais bien des fois, on est seul face à un problème et on doit y répondre en s’appuyant sur un art soit connexe soit totalement différent de celui qu’on maîtrise pour avancer. Être spécialisé devient donc handicapant car s’il n’y a pas tout de suite le savoir-faire manquant, l’oeuvre piétine et son éclosion est ajournée. Ceci a la fâcheuse tendance d’arriver pour moi et pour beaucoup d’autres artistes. Bien des fois, l’artiste à associer pour continuer le travail est soit occupé soit financièrement inaccessible ou tout simplement inexistant…l’oeuvre quant à elle est comme un bébé, après la gestation, elle doit sortir vaille que vaille.

Pour moi personnellement, quand une oeuvre doit être accomplie, si le savoir dont j’ai besoin n’est pas là, je l’apprends et je continue jusqu’à l’aboutissement de mon travail.

Son message

Aujourd’hui, nous sommes encore loin d’un statut de l’artiste. Statut qui lui confère la même sécurité qu’aux autres travailleurs du secteur formel. Comme par exemple, les fonctionnaires qui pendant toute leur existence ont au moins un bout de pain sûr à la fin du mois.

Pour cela, les jeunes artistes doivent être inventifs pour trouver un équilibre entre réalité, virtualité, popularité, et rentabilité pour faire face aux problèmes du quotidien. Dans notre contexte, ceci dit, avoir un métier ou une autre activité alternative qui puisse permettre de répondre aux besoins immédiats du quotidien. Et ainsi mieux se libérer l’esprit pour créer les oeuvres. Ne surtout pas oublier qu’il y aura des productions artistiques rentables et d’autres pas. Qu’il y aura des oeuvres à rendement immédiat et d’autres à rendement différé. Qu’il y aura toujours la longue traversée du désert avec quelques oasis avant la terre promise. Bref, éviter de mourir comme Van Gogh ou Nicéphore Niépce en essayant qu’autant faire se peut d’avoir une vie de famille stable, un plan de carrière et une épargne. Produire des oeuvres de qualités supérieures, des chefs d’oeuvre.

H.C.T