Darius « Multitâches » !

Scénariste, photographe, cinéaste, sculpteur, reporter etc. Entre pluridimensionnalité et singularité, Darius Dada a su trouver l’équilibre

« mes connaissances se conjuguent au pluriel pour accorder une singularité à un moment donné de ma création artistique. »

Né SOUNG MEKE Louis Darius le 29 décembre 1984 à Abong-Mbang, il est depuis mai 2017, connu sous le pseudonyme de Darius Dada. Artiste visuel plurimédia depuis l’exposition photographique Lions Indomptables : Ferment de l’unité Nationale au Palais des Congrès de Yaoundé. Créateur touche à tout, il a travaillé dans le cinéma en tant que directeur de la photographie, photographe, acteur et scénariste. Depuis plus d’une décennie, Darius Meke explore et s’imprègne de différents secteurs artistiques. Aujourd’hui un des seuls artistes jonglant à la perfection entre plusieurs arts, il trouve dans cette mosaïque de connaissances, la particularité qui lui permet de donner une signature singulière à ses oeuvres. Entretien avec Darius Dada, un artiste multitâches.

Laquelle de tes casquettes d’artiste préfères-tu ?

Je ne sais pas réellement, j’aime la casquette que je porte quand je suis en train de créer. C’est une casquette circonstancielle de temps et de lieu voire d’action.

Tu es connu comme étant un artiste touche à tout, qu’est ce qui explique cette pluridisciplinarité ?

La culture générale acquise à travers les nombreuses lectures et mes études dans l’enseignement technique m’ont permis d’avoir les clés qui ouvrent toutes les portes des arts qui ont une façade technique conséquente. Je citerais par exemple le cinéma, la photographie, la sculpture, l’infographie. De manière globale, toutes ces formes d’arts visuels s’appuient sur une maîtrise des savoirs techniques et surtout le maniement des outils avec précision. Par ailleurs, j’ai depuis ma plus tendre enfance eu la chance de côtoyer beaucoup de formes d’art et d’artistes. Je me suis intéressé à toutes ces formes en observant de grands maîtres locaux tels que EMATI, JOEL MPAH DOOH, de mes oncles sculpteurs et de mes parents.

As-tu déjà pensé à te spécialiser en un seul art ?

Les formes d’art auxquelles je me suis intéressé forment un agrégat indissociable et cette pluridisciplinarité se ressent sur tout ce que j’entreprends artistiquement. Les unes influencent les autres. Je m’appuie donc toujours sur un savoir-faire pris à gauche pour affûter un travail à faire à droite. Je dirais pour faire simple que mes connaissances se conjuguent au pluriel pour accorder une singularité à un moment donné de ma création artistique.

Par exemple quand je fais des photos, je storyboarde tout mon reportage dans l’esprit en détaillant comme un film en partant toujours d’un général vers un particulier en laissant toujours à mon lecteur le temps de mieux cerner mon sujet. C’est pourquoi, mes reportages font toujours l’effet d’un film, les informations s’enchainent pour produire une émotion et raconter une histoire, et faire passer un message. Et quand je dois sortir le lecteur de l’effet film, j’insère l’image intruse qui le replace au coeur d’un reportage photo.

Il en est de même pour mes sculptures. Je m’appuie sur des connaissances reçues en anatomie, en mécanique et en ajustage des métaux. Ce qui leur confère une meilleure cohérence au sens des proportions.

Ceci fonctionne avec tout ce que je fais, j’utilise toujours toute la palette de mes aptitudes et savoir pour répondre à un problème. Me spécialiser serait une camisole que je ne peux plus porter aujourd’hui.

On t’a beaucoup vu à l’oeuvre dernièrement surtout avec le vernissage « Le village enchanté de Meké » exposé à l’IFC de Yaoundé. Quels sont tes projets ?

Le village enchanté de MEKE est une installation plurimédia. Son but initial est de nous présenter le lieu où se déroule le Twenty-Ten, qui est l’histoire originale à partir de laquelle l’auteur s’inspire. Mais surtout de nous aider à fabriquer les images du roman-photo du livre photographique +237NDAMBA, premier volet de la collection d’ouvrages qui documentent sur le football.

Le village enchanté revêt un caractère à la fois plastique et audiovisuel. L’installation est déployée pour la première fois à l’IFC de Yaoundé. Elle se décompose en deux parties :

Pour des raisons de sécurité, l’oeuvre s’abrège en deux murs pour représenter l’intérieur d’une case en poto-poto.

  • Sur la droite, le mur pour la femme, la cuisine,

  • Sur la gauche, le mur pour l’homme, le salon,

    Chaque mur est décoré de quelques objets hétéroclites que l’on rencontre chez la femme/l’homme de la forêt équatoriale, lieu où se déroule l’histoire de MEKE. Au coeur de chaque mur se trouve une fenêtre qui s’ouvre vers l’imaginaire, mais d’abord sur des scènes de vie du village. On y voit, les activités du village (les personnes qui rentrent des champs, qui portent du bois, des enfants qui jouent, les objets abandonnés sur la cour…)

  • 2-Dans l’espace Résidence :

Le Village enchanté est donc déployé en jour et nuit sur deux espaces, ces deux moments clés de la journée. On arrive ainsi à se plonger de manière sonore et visuelle dans le décor succinct d’un village de la zone équatoriale.

Vis-tu de ton art ?

Il est particulièrement intéressant de dire ici, que le plus important c’est que l’oeuvre d’art sorte et ne me possède plus car tant qu’elle m’habite, je suis stressé, je suis déséquilibré, diminué. Je recommence à vivre quand je m’en suis libéré. J’aime bien dire que ça me met dans le même état qu’une femme enceinte. Tant que le bébé n’est pas dehors, son corps subi toutes les manifestations de sa présence dans ses entrailles.

H.C.T